Recuperation

"Machines sans titres 1, 2 et 3"

  • Lampe de bronzage
  • Alimentation d'ordinateur
  • Répondeur téléphonique
  • Cables

  • Enseigne de tabac
  • Rail
  • Veuilleuse de chantier
  • Radio à lampes
  • Cables
  • Pile 9V

  • Ventilateurs
  • Bobine
  • Angrandisseur argentique
  • Chaines
  • Support en métal
  • Cables

Mars 2016

Sculptures / Installations sonores

Présentation de trois oeuvres combinées, fonctionnant ensemble. La première est un miroir démonté, composé de quatre néons entre lesquels sont vissés les mécanismes de lecture de cassette d'un répondeur téléphonique composé également d'une horloge à l'avancement très rapide. Le miroir a été retiré à l'arrière de manière à pouvoir visser un bloc d'alimentation d'ordinateur sur l'appareil à bronzage. Un minuteur a été relié au bloc d'alimentation de manière à lier une temporalité automatiquement à l'activation des oeuvres, pas de bouton "on/off", mais un fonctionnement sur une période définie de temps. Lorsqu'on l'active, les mécanismes du répondeur combiné au bruit du minuteur produisent instantanément une cacophonie. Directement, la seconde oeuvre s'anime aussi. Elle est composée elle d'un plateau vert courbé surmonté de trois ventilateurs d'ordinateur, suspendu à l'agrandisseur par des chaînes. Une poignée de laisse en cuir tient les chaînes, ainsi qu'une bobine enfermée dans un boîtage en plastique faisant office de microphone. La dernière oeuvre elle marche sans être reliée au secteur, elle est plus autonome. Sorte de totem, elle est composée à sa base d'un losange peint en noir et en rouge en dessous, rappelant une enseigne de tabac. Un rail (utilisé dans l'école pour cacher les câbles au plafond) permet de fixer les divers éléments et d'obtenir une composition verticale. Sur ce rail, est fixé derrière sur la partie basse une enceinte issue d'un répondeur encore dans son boitage noir. Au-dessus, le boitage jaune d'une veilleuse de chantier permet de cacher la pile 9V et les câbles. Ensuite, le circuit imprimé de la veilleuse ainsi que ses deux diodes électroluminescentes sont fixés aux rails et leur clignotement permet d'altérer et d'alterner la fréquence du son émis par la sculpture. De l'autre côté, fixé au rail, le cercle de réflection jaune orangé si typique des travaux Bruxellois vient rappeler la provenance du mécanisme de clignotement. Enfin au-dessus du rail est fixé le coeur d'une ancienne radio à lampes très poussiéreuses, participant à l'hybridation et la confrontation de matériau, d'époque.

Initié autour du cartel de Cia Rinne "impossibilities/i'm possibilities et intention/in tension", des obligations pragmatiques et une volonté conceptuelle m'ont poussé à travailler exclusivement autour de matériau de récupération et de seconde main. Impossibilité de moyens qui mène vers une transformation, une appropriation de la réalité. Ainsi, ce qui pour certains ne constituent que des ecombrants dont il faut se débarrasser, peuvent éveiller une volonté créatrice. Dans le monde capitaliste marchand dans lequel nous vivons, la technique et la technologie sont omniprésents dans les objets manufacturés qui nous entourent. La volonté de compréhension et d'expérience qui traverse divers de mes travaux, est simplement un moyen de libération personnelle. Initié il y à quelques années lors de ma découverte du monde de la programmation, ce mouvement vers une compréhension maximale du monde qui m'entoure s'est récemment penché sur l'électronique, tout aussi présente dans notre vie que l'informatique. Ne pas avoir utilisé d'ordinateur, de vidéo projecteur ni aucun objet manufacturé cher est selon moi nécessaire à l'intégrité de ces trois oeuvres. Au lieu de créer de nouveaux objets ex-nihilo, l'utilisation de ready-made reassemblés est une proposition alternative qui tente une transformation du réel. Dans une démarche quasi-scientifique, mais plus proche d'une ingénierie abstraite que d'une volonté de produire des objets fonctionnels, efficient et ergonomiques. Il est aussi important de remarquer que les trois objets disposent de dispositif plus ou moins complets de contrôles (potentiomètres, boutons, minuteurs), dans une certaine mesure ils peuvent symboliser une certaine volonté de reprendre le dessus sur ces objets, sur la technologie en général.

Tout démonter, tout ouvrir, essayer de tout comprendre.

L'importance du son comme mannifestation congnitive de l'activation de ces machines est capitale pour moi. Amateur de musique Techno depuis mon plus jeune age, je considère ce genre né à Détroit dans un conteste contestataire comme le versant sonore de cette apropriation de la technologie qui me tient tant à coeur. Bien que ces oeuvres ne produisent pas une symphonie technoïde trés perspicace ni vraiment appreciable, il me semble qu'une certaine musicalité, surtout portée par la répétition, peut leur être conférée. Une sorte de dialogue autonomme s'installe alors entre les machines, dont nous sommes exclus d'une certaine manière.

Ces trois oeuvres sont avant tout nées de rencontres aléatoires avec des objets (que ce soit dans la ville ou simplement dans l'ERG). Ainsi, au fil des jours des envies liés aux diverses possiblitées imaginées s'agencent jusqu'à parfois arriver à terme à un objet fini et autonome. Des boitages et autres artifices entourent les objets technique et empéchent leur apréhension totale par tout un chacun. Lors de la reception, la récupération d'un objet, la première étape est de le demonter afin d'apréhender ses "entrailles", indices de leur manière de fonctionner, et des motivations liés à leur fabrication. Bien que les manufactures tendent vers des objets de plus en plus complexes et intriqués, où les composants fonctionnels sont scéllés, cachés, pour justement éviter qu'on leur trouve une autre utilisation, il reste quelques trouvailles dont le "hacking" est possible. Les préocupations liées à la technologie (au progrés) qui m'animent ne sont pas neuves et ont souvent été traités par les artistes, mais aujourd'hui, il apparait comme une évidence et est de moins en moins remis en question, surtout lorsqu'il feint de participer à notre confort.

L'installation de ces oeuvres est encore bancale. Il faut en effet calibrer, mettre au point les machines presque continuellement. Les ventilateurs doivent être réglés de manière à ce que la bobine (qui sert de micro) soit coincée dans une sorte de tourbillon permettant de produire uhn mouvement répétitif. Les potentiomètres de la radio doivent aussi être réglés pour atteindre l'environnement sonore souhaité.